Gatroun - Le départ des Britanniques

Je tiens à préciser que les gens qui vinrent nous voir appartenaient à un régiment Écossais de la Reine et étaient donc Écossais. Pour ne pas commettre l'erreur habituelle je les qualifierais donc de Britanniques.
Nous ne sûmes jamais quel avait été le but de leur mission . De toute manière ils ne restèrent pas très longtemps, arrivés en début d'après-midi ils repartirent le lendemain matin . Au cours de la soirée qu'ils passèrent au fort nous les invitâmes à boire, ils acceptèrent et le major Cambell en riant nous précisa que les Écossais avaient toujours soif. Bien que nous ayons tout fait pour cacher notre dénuement, ils ne furent pas dupes et lors de leur départ après nous avoir remerciés ils nous félicitèrent de travailler dans de telles conditions.
Il est vrai qu'en ce qui les concernait ils étaient extraordinairement équipés, pour la première fois je vis une carte du Fezzan, le major avant le départ l'avait dépliée sur le capot de sa voiture ; Remarquant que j'étais intéressé il me posa quelques colles, heureusement qu'à l'EAT on nous avait donné quelques notions. Il m'apprit tout de même que les cartes Italiennes étaient fausses, je ne lui avouai pas, bien sur , que je me promenais sans carte et sans boussole.
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E.A.T - École d'application des transmissions, située à l'époque à Montargis .
Cartes -Il y quelques mois, en lisant le récit de la traversée de l'Edeyen de Mourzouk j'ai appris que le professeur Capot-Rey portait le même jugement que le Major Cambell sur les cartes du Fezzan de l'époque" dont il qualifiait l'inexactitude d'indécente"².

(2) Traversée de l'Egédé de Mourzouk, récit par Madame Bernezat sur le Journal, La Montagne & Alpinisme N°197 - 3/1999