Fort de Sebha - ( L'attaque du 18 juin 1948)

  • Sebha - Fort Leclerc, vu côté Ouest depuis le terrain d'aviation.
    à gauche, la borne donnant les distances entre Sebha et les principales villes du Fezzan et des pays frontaliers.

ATTAQUE DU FORT DE SEBHA-

  • Le 18 juin 1949 à l'aube, une trentaine de civils se présentent au poste de garde tenu par la légion, la sentinelle qui veut leur interdire l'entrée est bousculée et le groupe se rue vers les escaliers menant au fort, le légionnaire de garde à la porte du fort est tué d'un coup de fusil, les assaillants parviennent à la plate-forme supérieure du bâtiment et pénètrent dans les locaux, les radios surpris et désarmés doivent s'enfuir et sauter du haut des murs, Dupouy et Oliva se blessent dans leur chute, Maniscalco se réfugie dans le four, Gironnet est massacré à coups de sabre, Bonny est blessé par une balle.
    Les deux légionnaires qui sont en prison peuvent s'enfuir, la porte n'est pas fermée à clef. Georges Sembach qui a une arme ouvre le feu mais son fusil s'enraye, il doit sauter avec Gabriel Bouchard et le Capitaine Van Heems (Commandant la légion) par une fenêtre donnant sur la face nord. Sembach et Bouchard remonteront et pourront évacuer Gironnet par l'orifice d'aération des moteurs de la centrale électrique, quant au Capitaine Van Heems, il ira rassembler ses légionnaires au garage. Le sergent Lamelle qui est de service à 5 heures pour effectuer la liaison avec Alger a tout vu et a pu prendre son arme. Malgré les ordres de son lieutenant il tire sur les assaillants, Hassein notre petit boy, lui passe les cartouches, une balle traverse son képi, (ce képi il ne le quittera plus) des militaires du GSA alertés par le bruit, s'introduisent dans le fort par le côté nord et arrivent à la rescousse. Dans la cour du bàs l'adjudant chef Daubigny rassemble ses légionnaires sous les balles, mais l'adjudant Stephano est déjà là et depuis une terrasse fait des cartons avec son revolver, les assaillants dont le chef a été tué tombent les uns après les autres, bientôt le gros de la légion arrive et vient rapidement à bout des derniers fanatiques. Le bilan est lourd deux morts du côté français, un légionnaire et notre camarade Jean Gironnet, plusieurs radios blessés, vingt deux morts et deux prisonniers du côté des assaillants. Les radios dont le rôle n'est pas de défendre le fort mais d'assumer les liaisons avec tous les autres centres du sahara et d'afrique du nord payeront le plus lourd tribut. L'état major savait qu' un groupe d'excités venu de la région de Bergen se trouvait à Djedid. Pourquoi la légion s'est-elle laissée surprendre? Pourquoi n'at-on pas mis la garnison en alerte? Qui sont les instigateurs de cette attaque? Aujourd'hui encore ces questions restent posées. Cet incident ternira l'occupation française du fezzan et constituera le prémice à d'autres évènements qui ensanglanteront toute l'Afrique du nord dans les mois à venir.