Sebha vu de la piste de Gorda

  • Sebha - En 1950 quelques centaines d'âmes, aujourd'hui plus de 100000 habitants. Il semble que le Fezzan ait subi tout comme l'ensemble des régions sahariennes une poussée urbaine intense. Ceci est du en partie à une politique volontariste des gouvernements tendant, d'une part à fixer et à contrôler les populations nomades et d'autre part à leur donner , la manne pétrolière aidant, un certain confort, mais à cela s'ajoutent d'autres facteurs. De même que la Libye, dotée d'un système routier moderne, est un point de passage entre le moyen orient et le Maghreb, le fezzan , terre de passage et de brassage, est un carrefour qui, situé au centre des grands axes caravaniers, est relié au nord à la Tripolitaine, au sud au Kaouar et au Tibesti, à l'est à Koufra et à l'Egypte, à l'ouest à Ghat et au Hoggar. Sur ces axes se trouvent des relais, au nord Brak, au sud Mourzouk, Gatroun et Tidjeri, à l'est Zouila, à l'ouest, Oubari, Serdeles et Ghat ; au milieu de cette toile virtuelle, admirablement placée, se trouve Sebha. La ville a aussi bénéficié des différents flux migratoires dus aux sécheresses successives qu'a subi le Sahel, aux interminables guerres intestines du Tchad ( révolte des Toubous), aux révoltes des Touaregs et à leur répression. De plus depuis quelques années des milliers de clandestins venus du Sahel , du Nigéria ou d'autres pays d'Afrique noire viennent constituer de nouvelles centralités qui contribuent à souder les trois îlots initiaux composés chacun par les ruraux issus des trois principaux wadis. Ces quartiers extrêmement cloisonnés constituent un régionalisme urbain hérité du tribalisme et du nomadisme.



  • Wadi - dépression , vallée